La famille Coopman met fin à son aventure boursière avec 88 millions d’euros

La couverture d’une biographie locale de Daniël Coopman.

La famille Coopman, originaire de Flandre orientale et actionnaire de référence du groupe alimentaire What’s Cooking, souhaite retirer l’entreprise familiale de la bourse. Elle détient aujourd’hui 65 % des actions et est prête à débourser 88 millions d’euros pour racheter le reste. What’s Cooking est le producteur des plats préparés Come a Casa. Les principaux actionnaires non de référence ont déjà accepté l’offre. Il s’agit notamment de Wallonie Entreprendre, d’Alychlo de l’investisseur Marc Coucke et de l’ancien PDG Dirk Goeminne et son épouse. Si la sortie se concrétise, l’entreprise disparaîtra de la bourse après 40 ans. La famille paiera probablement une partie du prix d’achat avec les liquidités de l’entreprise. « Le prix d’offre par action sera réduit du montant brut d’un éventuel dividende ou d’une autre distribution aux actionnaires de What’s Cooking qui aura lieu avant la date de paiement de l’offre », peut-on lire. La sortie de la bourse mettra fin à l’histoire qui était en grande partie l’œuvre de feu Daniël Coopman.

Le boucher-entrepreneur Daniël Coopman est décédé en 2017 à l’âge de 80 ans dans sa commune natale de Waarschoot, en Flandre orientale. Son nom est inévitablement associé au développement du producteur de salami Ter Beke, devenu une multinationale alimentaire familiale à l’échelle européenne. Coopman y est parvenu notamment en introduisant son entreprise à la bourse de Bruxelles en 1986. Et cela n’a pas été une mince affaire. L’entreprise s’est développée à une époque où l’agriculture était indissociable du circuit de l’argent noir. Coopman a réussi à sortir son entreprise de ce cercle vicieux et à lui donner une structure totalement transparente. Ter Beke est ensuite devenue, entre autres, le leader européen du marché des lasagnes préparées avec la marque « Come a Casa ».



Francies Coopman, le père de Daniël, a débuté dans les années 1920 en tant qu’acheteur et abatteur de volailles et de lapins. En 1934, il s’installe dans une ancienne brasserie à Beke. Le nom Ter Beke est utilisé pour la première fois en 1948 pour désigner ce qui était alors encore une charcuterie. Le 1er janvier 1959, Daniël Coopman, alors âgé de 21 ans, reprend l’entreprise de son père. Cela se passe dans des circonstances difficiles. Certains de ses frères étaient entre-temps devenus des concurrents : Omer avait fondé Copra, Marcel avait lancé Plumaco et Valère avait choisi Deva. Daniël réussit toutefois son pari. Grâce à une professionnalisation poussée, il fit de Ter Beke une usine de viande prospère, mais aussi une entreprise de premier plan dans le domaine des lasagnes et des pizzas. L’arrivée de Luc De Bruyckere, qui contribua à la croissance de l’entreprise en tant que PDG jusqu’en 2007, joua un rôle important à cet égard.

Daniël Coopman était marié à Edith De Baedts. Ensemble, ils ont eu cinq enfants : quatre filles et un fils. Les intérêts familiaux sont ancrés dans la fondation néerlandaise Coovan. Celle-ci contrôle 65 % de la société cotée en bourse Ter Beke.

2023 a été une année charnière pour l’entreprise. Cette année-là, Ter Beke a changé son nom en « What’s Cooking ? », avec un point d’interrogation. La nouvelle image, y compris le nouveau logo, doit non seulement pérenniser la croissance, mais surtout relancer la rentabilité de l’entreprise cotée en bourse. Le cours de l’action Ter Beke a chuté depuis 2018, passant de 180 euros à 87 euros en 2023. La famille Coopman a vu sa fortune diminuer de moitié au cours de la même période, passant de 132 à 63 millions d’euros. L’entreprise a eu du mal à surmonter les crises successives. En 2019, une intoxication mortelle à la listeria a touché une filiale néerlandaise du groupe, suivie par la crise du coronavirus en 2020 et une inflation galopante. En 2023, Ter Beke se composait encore de deux unités commerciales stratégiques : « Tartines salées » et « Plats cuisinés ». La première correspond aux débuts de l’entreprise il y a 75 ans en tant que producteur de salami. Dans le second segment, l’entreprise est bien implantée, notamment avec la marque « Come a casa ». Mais cette même année, l’entreprise a vendu sa division « hartig beleg », c’est-à-dire la charcuterie, l’activité qui l’avait historiquement fait connaître en tant que producteur de salami. Cette vente a généré un bénéfice supplémentaire de 13 millions d’euros sur un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros. L’entreprise a ensuite versé un dividende de 10 euros par action. La famille Coopman a ainsi encaissé un dividende brut de 12 millions d’euros.