NOUVEAU – La famille De Clerck enregistre (à nouveau) une perte de 22 millions d’euros dans sa division filature

Jean-Baptiste De Ruyck, PDG de BIG (Photo : BIG)

La société BIG Yarns Europe a enregistré une perte de 22 millions d’euros via une réduction de capital. Fin 2024, la famille De Clerck, propriétaire de l’entreprise, a injecté 33 millions d’euros de capital dans la société et a alors déjà enregistré une perte reportée de 11 millions d’euros. En 2024, le groupe BIG, anciennement Beaulieu, a fermé son usine de fils à Comines. 118 emplois ont ainsi été supprimés. L’entreprise a enregistré une perte de 23 millions d’euros, contre une perte de 8 millions en 2023. Le chiffre d’affaires en 2024 est passé de 82 à 64 millions d’euros. Le groupe continue toutefois d’investir dans son usine de fils en France. Jean-Baptiste De Ruyck, l’actuel PDG du groupe BIG, est désormais clair : « BIG devient un véhicule d’investissement qui détient des participations dans plusieurs grandes entreprises. Il s’agit d’un changement de mentalité très important. Nous allons donc cesser de combler les pertes des entreprises déficitaires avec les bénéfices des entreprises performantes. Ces bénéfices doivent être réinvestis afin d’améliorer encore les performances des autres. »

« BIG doit se transformer en une sorte de holding familiale industrielle avec divers secteurs dans son portefeuille, allant de la chimie aux plateformes industrielles pour les fibres, en passant par plusieurs plateformes de plancher, la distribution et l’immobilier. Nous disposons d’un vaste portefeuille foncier, avec des terrains industriels en Belgique et en France que nous souhaitons développer davantage » C’est ce qu’a déclaré De Ruyck le week-end dernier dans le journal De Tijd. Le PDG voit le portefeuille de l’entreprise se diviser en deux groupes : les fibres de polypropylène pour les géotextiles ou les pièces automobiles d’une part, et le vinyle résidentiel en rouleaux et le feutre aiguilleté d’autre part. Il y a également de la place pour quelques activités régionales dans certaines niches : gazon synthétique en Europe, parquets, fils polyamides et distribution de revêtements de sol en Australie et au Canada.



À l’époque, le fondateur Roger De Clerck avait développé l’entreprise pour en faire une société de tapis verticalement intégrée, de la chimie à la production de fils. Cette stratégie est désormais abandonnée. Après le décès de Roger De Clerck, l’entreprise a été en proie à des querelles familiales. Selon De Ruyck, celles-ci sont désormais terminées. « Dominiek De Clerck organise désormais une assemblée des actionnaires pour chaque conseil d’administration, ce qui permet aux actionnaires familiaux de s’accorder sur les sujets abordés au conseil d’administration. Les conseils d’administration sont devenus beaucoup moins émotionnels, car la famille ne se dispute plus entre elle. Cela permet également aux administrateurs indépendants de mieux jouer leur rôle », explique M. De Ruyck. BIG est actuellement détenue par quatre des six enfants de Roger De Clerck : Francis, Ann (épouse de Stefaan Colle), Dominiek et Luc. En septembre dernier, les entrepreneurs Alain Bostoen (Christeyns) et Erwin Van Osta (Hubo) ont remplacé Barbara De Saedeleer et Johan Lambrecht en tant qu’administrateurs indépendants. Jan Vander Stichele, président de Lotu, a également rejoint le conseil d’administration.

Dominiek De ­Clerck est président de BIG. En septembre 2025, le PDG Jean-Baptiste De Ruyck a quitté le fabricant d’emballages plastiques Abriso ­Jiffy pour rejoindre BIG. En 2024, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de près de 2 milliards d’euros, répartis entre trois divisions : revêtements de sol (moquette, vinyle, stratifié et parquet, 948 millions d’euros), chimie (granulés de polypropylène, 743 millions d’euros) et solutions techniques (fibres, fils et textiles techniques, 276 millions d’euros). Une perte nette de 12 millions d’euros a été enregistrée. L’entreprise emploie actuellement 4 200 personnes.