
Le tribunal de commerce de Bruxelles a prononcé aujourd’hui la faillite des sociétés Ziegler, Intertrans, Dornach et Universal Express. Ces quatre entreprises forment ensemble le groupe de transport Ziegler, détenu par la famille bruxelloise du même nom. Au total, 400 personnes travaillent pour l’entreprise en Belgique. Fin janvier, la PDG de l’entreprise, Diane Govaerts, issue de la quatrième génération de l’entreprise familiale, a été licenciée. Deux mois plus tard, les activités en France, qui représentaient 1 300 emplois, ont été liquidées. Ce dernier fait aurait également entamé la confiance des clients belges. La famille Ziegler disparaît de notre classement.
La société de transport Ziegler a vu le jour en 1908, lorsque le Suisse Arthur-Joseph Ziegler a commencé à assurer des transports à Bruxelles avec un cheval et une charrette. Ziegler s’est alors concentré sur l’importation de vins et de spiritueux de France vers Bruxelles. L’entreprise a tranquillement poursuivi ses activités jusqu’à ce qu’elle soit désignée en 1958 comme transporteur officiel de l’Exposition universelle de Bruxelles. Ziegler devait également s’occuper de la logistique. Ce fut le début de l’expansion internationale du groupe. À son apogée, le groupe comptait une cinquantaine d’entreprises, représentant au total 3 500 employés. En dehors du Benelux, Ziegler était présent en France, en Suisse, en Allemagne, au Royaume-Uni, au Danemark, aux États-Unis, en Suède, au Maroc, en Grèce, en Pologne, en Afrique du Sud et en Chine.
Mais, à l’instar de l’ensemble du secteur des transports, Ziegler a vu ses marges bénéficiaires s’effriter ces dernières années, notamment sous la pression de la concurrence venue d’Europe de l’Est. En 2024, le groupe a établi pour la première fois un bilan consolidé. Celui-ci faisait état d’une perte de 3 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 128 millions d’euros et des fonds propres de 14 millions. Fin janvier de cette année, la crise était totale. Alain Ziegler a alors annoncé le départ de sa nièce Diane Govaerts de son poste de PDG. Une procédure de réorganisation judiciaire a été demandée dans le but de refinancer les activités, de réduire l’endettement et de restructurer et transformer l’entreprise. Mais cela n’a pas suffi. Un gestionnaire de crise a été nommé pour rechercher des repreneurs potentiels et négocier avec les créanciers. S’en est suivie une faillite dite « silencieuse », qui doit permettre de transférer autant d’activités et d’emplois que possible à des repreneurs potentiels par le biais d’une mise sous tutelle.