
L’entrepreneur Francis Van Eeckhout doit lancer une offre publique d’achat obligatoire sur les 70 % des actions du fabricant de profilés de fenêtres en PVC Deceuninck. Van Eeckhout l’a en quelque sorte cherché lui-même. Il va en effet convertir 1 million de warrants en actions, ce qui lui permettra de porter sa participation dans Deceuninck à plus de 30 %. La loi l’oblige alors à lancer une offre publique d’achat sur toutes les actions en circulation, soit 70 % dans ce cas. Sa société Gramo, qui détient ces actions, propose 2,11 euros par action. Au total, cette offre pourrait coûter 204 millions d’euros à Deceuninck et à son épouse Benedicte Boone, actionnaire familiale de la société phare Lotus Bakeries. Fin 2024, Gramo disposait de 15 millions d’euros de liquidités. Mais il ne semble pas que le couple devra puiser dans ses économies. En bourse, l’action Deceuninck cote aujourd’hui 2,23 euros, soit plus que ce que Van Eeckhout propose.
En exerçant ses warrants, Van Eeckhout réalise déjà une bonne affaire. Il paie globalement 1,99 million d’euros pour cela, alors que les actions valent désormais 2,23 millions d’euros. Le fait que les investisseurs ne se montrent pas très enthousiastes face à l’offre modeste de Van Eeckhout est bien sûr entièrement lié aux attentes que Van Eeckhout a lui-même créées en tant que PDG de Deceuninck. Après deux années consécutives de bénéfices records, Deceuninck a toutefois dû enregistrer une baisse de ses bénéfices l’année dernière. Le chiffre d’affaires et le résultat brut d’exploitation ont tous deux reculé de près de 7 %, s’établissant respectivement à 773 millions et 110 millions d’euros. Francis Van Eeckhout s’est toutefois montré plutôt satisfait de ces résultats. « L’industrie européenne traverse une période difficile et le secteur de la construction est en crise. Dans ce contexte, ce sont des résultats solides », a-t-il déclaré à ce sujet. Alors que le marché des profilés de fenêtres en Europe et aux États-Unis offre peu de perspectives de croissance, il en va autrement pour le marché turc, qui représente un tiers du chiffre d’affaires de Deceuninck. Après une période difficile, l’économie turque semble redémarrer. Deceuninck y est de loin le leader du marché et y a réalisé l’année dernière plus de la moitié de ses bénéfices.
Pour l’année 2025, l’entreprise versera 12,5 millions d’euros de dividendes. 30 % de cette somme reviendront à Van Eeckhout, qui a également fait savoir qu’il souhaitait absolument maintenir la cotation en bourse de Deceuninck et qu’il n’y aurait pas de réouverture de l’offre, quel qu’en soit le résultat.